Contribution à YACHT HERITAGE

Actualité
Galerie l’Arts des Marines
Rouen – du 3 au 30 octobre 2026
Aujourd’hui, à l’ombre des villas « Belle Époque » de la Côte d’Emeraude s’épanouissent des palmiers, plantes et fleurs exotiques. Ce paysage, nous le devons aux marins d’hier, qui rapportaient de leurs expéditions lointaines des fragments de paradis vert.
C’est ce fil invisible, tendu entre Dinard et le bout du monde, que Marie Détrée, Peintre Officielle de la Marine, nous invite à remonter. Au fil de ses nombreuses missions et escales à travers toutes les mers et sur tous les continents, l’artiste nous révèle les sources multiples de cet exotisme.
Bio
Marie Détrée est née dans une famille de marins, ce qui a sans doute nourri très tôt son amour pour la mer. Après avoir obtenu son diplôme à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, elle se distingue en 2010 en devenant peintre officiel de la Marine (POM), un titre prestigieux que seules sept femmes détiennent. Cette distinction, accordée par le ministre de la Défense sur proposition du jury du Salon quadriennal de la Marine, ouvre à Marie un univers unique : celui des navires , des ports et des arsenaux, avec la liberté de naviguer à travers le monde pour y puiser son inspiration.
Son parcours maritime est impressionnant : de la mer de Chine à la mer des Caraïbes, du porte avion Charles de Gaulle aux sous-marins nucléaires, Marie Détrée embarque sur des navires de toutes tailles et découvre des océans variés. En 2022, elle explore le continent Antarctique à bord du patrouilleur polaire l’Astrolabe, en 2023, elle franchit le cercle polaire Arctique, obtenant le titre de « Dignitaire des Cercles » et en 2025 elle participe à une mission de 40 jours au Pacifique Sud à bord d’un patrouilleur outre-mer.
Artiste aux multiples talents, Marie maîtrise la peinture à l’huile, mais c’est la gouache ou le feutre qui restent ses techniques de prédilection pour la peinture en extérieur : légers, rapides à sécher et idéals pour capturer sur le motif la beauté des paysages maritimes. Son œuvre s’inscrit dans la grande tradition des peintres de la Marine, suivant les traces de maîtres comme Marin Marie ou Albert Brenet.
Forte de ses voyages, Marie Détrée se lance dans l’écriture et l’illustration de livres. Dès 2010, elle publie La grande ménagerie du bord, suivi de nombreuses autres publications.
Elle crée également des albums jeunesse et des projets pour les musées, et illustre régulièrement des ouvrages à thème maritime. Son talent attire l’attention de La Poste, qui lui commande plusieurs timbres représentant des paysages polaires ou des navires emblématiques.
Marie Détrée est également chevalier du Mérite maritime, elle est décorée de la médaille de la Défense nationale et de la médaille Atalanta pour la lutte anti-piraterie, signes distinctifs de son engagement auprès de la Marine. Son travail est exposé dans de nombreux musées et galeries, du Musée de la Marine à Paris aux galeries de Dinard, Rouen ou Granville, et ses gravures sont disponibles chez divers éditeurs spécialisés.
Membre du Yacht Club de France, de l’ACORAM et de l’ATG, Marie Détrée continue de naviguer entre mer et pinceaux, offrant à travers ses œuvres un regard unique sur le monde maritime et ses mystères.
OUVRAGES RECENTS
Le Marin tatoué

vec Le Marin tatoué, Marie Détrée compose un récit bref et intensément évocateur, où la peau devient paysage, mémoire et territoire d’apparition. Le tatouage n’y est pas seulement un motif marin : il est une trace venue de l’invisible, une sédimentation de vies, de voyages, de blessures et de songes — comme une variation sensible autour de cette idée : « poussière, tu redeviendras poussière ».
À travers la figure de ce marin à la peau d’abord presque transparente, puis peu à peu habitée de signes, l’artiste explore la puissance symbolique du corps comme surface de récit. Tatouages marins, traces primitives, motifs tribaux ou gestes picturaux : tout converge ici vers une même idée, celle d’une peinture qui se fait chair.
Le livre avance comme une métamorphose chromatique : du blanc initial au bleu Détrée, puis vers des couleurs plus chaudes, comme si la vie venait progressivement imprimer sa mémoire sur le corps du marin. Entre mer, identité et disparition, Le Marin tatoué invite à regarder ce qui demeure sous la peau des êtres : les marques secrètes, les mémoires enfouies, les couleurs qui attendent de surgir.
Et lorsque la mer dissoudra tout, elle gardera peut-être encore l’information de la vie des marins : leurs traversées, leurs blessures, leurs songes, leurs signes.
HAUTE MER

« L’obscurité nous isole du reste du monde. Le ciel est bas, strié de nuées couleur de cendre. Dans le halo des néons, la mer semble pâteuse. Lourde, cassante et fragile. Les goélands qui nous suivent depuis Cherbourg dansent en criant dans la lumière électrique. Ils ont compris bien avant nous que le poisson était là, quelque part sous notre coque. »
Embarqués à bord du chalutier le Marie-Catherine II, Alain, Eddy, Jean, Lamine et Moussa quittent chaque semaine les côtes du Cotentin pour rejoindre la haute mer et racler le fond de la Manche. Trait après trait, jour et nuit, inlassablement, il faut gaver le chalut, jusqu’à ce que les cales soient pleines.
Mêlant récit sensible et illustrations éclatantes, Cyril Hofstein et Marie Détrée ont partagé, le temps d’une campagne de pêche, le quotidien harassant et le métier si rude de ces derniers travailleurs de la mer.
Bleu Outre-Mer

« L’obscurité nous isole du reste du monde. Le ciel est bas, strié de nuées couleur de cendre. Dans le halo des néons, la mer semble pâteuse. Lourde, cassante et fragile. Les goélands qui nous suivent depuis Cherbourg dansent en criant dans la lumière électrique. Ils ont compris bien avant nous que le poisson était là, quelque part sous notre coque. »
Embarqués à bord du chalutier le Marie-Catherine II, Alain, Eddy, Jean, Lamine et Moussa quittent chaque semaine les côtes du Cotentin pour rejoindre la haute mer et racler le fond de la Manche. Trait après trait, jour et nuit, inlassablement, il faut gaver le chalut, jusqu’à ce que les cales soient pleines.
Mêlant récit sensible et illustrations éclatantes, Cyril Hofstein et Marie Détrée ont partagé, le temps d’une campagne de pêche, le quotidien harassant et le métier si rude de ces derniers travailleurs de la mer.

